Le terrain privilégié du GDC est le monde du pouvoir et de l’argent, avec en toile de fond, la menace et de l’agression. Présence sécuritaire, de force et de maîtrise de soi dans une jungle aux couleurs de paradis. Le GDC est un tampon entre deux mondes intervertissant fréquemment leur rôle. L’un, paré de légitimité consensuelle, osant afficher autorité et opulence, masquant à peine une précarité endémique, l’autre, belliqueux, jaloux, rebelle, vengeur, prêt à la déstabilisation jusqu’au meurtre pour prendre la place du premier. Une victoire complète de ce dernier clan signifierait une période révolutionnaire suivie d’une nouvelle donne, tôt ou tard dominée par de nouveaux canons du droit.
Plutôt que la Légitimité, notion vague et fluctuante, le GDC privé choisit avec dignité, prudence et philosophie son code de déontologie et ses protégés. L’agent de sécurité attaché à une institution étatique bénéficie, lui, d’une stabilité d’emploi. Il ne peut, à ce titre, se permettre d’être regardant sur les personnalités dont il a la responsabilité.
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| mon équipe avec le Général Alexander Lebed, 1997 |
Thierry Vaillat, policier en retraite, au moment des faits, fut chargé par la hiérarchie policière de la sécurité de Jean-Marie Le Pen, cible privilégiée de la presse bien pensante. Interrogé par la justice dans le cadre de l’affaire de « Mantes-La-Jolie » à laquelle nous reviendrons, il déclarait sur l’antenne de Radio-Coutoisie, le 23 avril 2003 : “J’ai fait toute la palette politique, de la gauche à la droite. J’ai commencé à l’époque avec M. Giscard d’Estaing et j’ai terminé avec M. Le Pen… On m’a jamais demandé mon avis. De M. Giscard d’Estaing, je suis passé à un ministre communiste à l’époque, on m’a pas non plus demandé mon avis, on m’a pas demandé si j’avais ma carte du parti communiste dans ma poche, de même qu’on m’a pas demandé si j’avais ma carte du Front National dans ma poche.”
Limité dans son choix d’accompagnement de personnalités, le policier affecté à une mission participe tout de même à une certaine foi sinon un élan pour les valeurs de la société qu’il souhaite garantir, voire améliorer.
Cas extrêmes de trahison et d’infiltration mis à part, un dénominateur commun apparaît dans la façon d’être, une position ferme et résolue en faveur de l’ordre, la justice, la stabilité. Cette attitude, associée au flirt constant avec le danger, impartit au GDC une trempe caractéristique. Le GDC occidental partage en cela des traits communs avec ses collègues, éloignés par le temps ou par la géographie, un particularisme inné, dû au choix de la profession, et acquis par sa pratique.
Même à l’âge des clones et jusqu’à preuve du contraire, on ne trouve pas deux personnes identiques. Semblables, certes. Parfois, sans ressemblance physique, elles affichent pourtant un comportement similaire qui trahit une profession commune. Sans généralisation excessive, les activités martiales de chaque société induisent un comportement spécifique à l’homme d’action, au grand, au blond, au petit ou au basané. Est-ce la proximité du danger et de la mort qui trempe le psychisme du guerrier, comme le feu de la forge burine le visage du forgeron? Il règne à coup sûr un état d’esprit particulier au sein de l’activité sécuritaire.
La fonction crée l’organe, et instaure du même coup un esprit qui règne sur la corporation et rayonne aux alentours. Les professionnels chargés du maintien de l’ordre à travers l’histoire révèlent bien des points communs. Henri Noullet en témoigne quand il brosse le caractère du guerrier népalais, Les Gurkhas :
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| soldat Gurkha : fier, volontaire, fidèle et infatigable |
“Il accueille l’adversité avec stoïcisme et endure la souffrance avec le sourire. Il a conscience de la précarité de son existence. Il sait que seuls les plus forts survivent. C’est pourquoi il semble manifester une telle indifférence devant les malheurs dont il n’est pas frappé. Il n’est pas égoïste pour autant. Il est, en effet, hospitalier, généreux jusqu’à la prodigalité. Le peu qu’il possède, il le partage volontiers et donne tout si on lui demande. Son amitié est spontanée, généreuse, comme est fidèle son attachement à sa race, à sa famille. Il se donne corps et âme à un chef, à une cause, mais ne supporte pas que soit trahie sa confiance”.
Au nombre de ces caractéristiques, certaines pourraient s’appliquer à d’autres confréries gravitant autour de la sécurité, l’ordre et la défense.
Voyant exposés ces traits de caractère, sans doute plus présents dans les motivations que dans les aptitudes, l’aspirant s’en trouvera-t-il plus résolu à s’engager dans la PR et l’hésitant à se diriger résolument ailleurs ? Le GDC et le protégé seront-ils enclins à plus de compréhension et de respect mutuels? C’est notre souhait.
Texte par Jesus Vazquez Rivera et André Hôte


